Psychologie cognitive et thérapie cognitive
Avant d'aborder la psychologie cognitive, il est essentiel de rappeler d'abord ce que sont les sciences cognitives en général. Ceci permettra de mieux comprendre:
-L' apport du cognitivisme à la psychologie
-Mettre en évidence le rapport entre comportement humain et les activités
mentales.
-Enfin cerner les origines et applications possibles de ce type d'approche.
La cognition et science cognitive
La cognition est tout ce qui se rapporte à l'activité mentale. Activité qui se caractérise par diverses opérations, comme le stockage, la mémorisation des informations, et leurs transformations en connaissance pour ensuite pouvoir les utiliser. Les processus mentaux tels que la perception, la mémoire, le langage, la résolution de problème, le raisonnement ou la prise de décision seront les opérations principales étudiées et analysées par divers disciplines dont la psychologie.
Les sciences cognitives étudient ainsi ces processus mentaux ou fonctions de la cognition. Parmi ces disciplines on peut évoquer les neurosciences en général, comme par exemple la neurobiologie, ou la neurophysiologie qui ont comme objet d'étude l'exploration et l'analyse des structures et activités cérébrales et neuronales au niveau du cerveau. Bien d'autres disciplines vont elles aussi s'intéresser à ce domaine de la cognition. Elles vont étudier le fonctionnement de " l'esprit" en tant que système naturelle, le cerveau, ou artificielle comme les robots. La philosophie et ces concepts ou théorie sur le fonctionnement de l'homme et de son esprit, l'informatique qui étudie et analyse la transmission et traitement de l'information ainsi que l'exécution des instructions au niveau d'un système artificiel. Rajoutant à celles-ci, l'anthropologie et l'éthologie. Cette dernière s'intéresse et étudie le comportement animal dans diverses conditions, observation dans son milieu naturelle ou dans des conditions de laboratoire . Toutes ces disciplines apportent des informations et complètent leurs connaissances mutuellement. En intégrant toutes ces données issues de ces différents domaines d'études et de recherches, la psychologie peut ainsi mieux appréhender l'homme dans toute sa complexité. Rappelant que la psychologie a pour objet d'étude: comportement, personnalité, émotion, intention, capacités mentales et intellectuelles, dysfonctionnement, etc.
La psychologie cognitive
La psychologie cognitive fait ainsi partie des sciences cognitives.
Ce type d'orientation fut aussi désigné par psychologie scientifique en références à ces méthodes d'études.
En effet la psychologie ici s'appuie sur l'observation et l'expérimentation pour valider les différentes hypothèses émises. On estime que la psychologie scientifique est née en 1879 avec Wundt qui va créer le premier laboratoire de psychologie à Leipzig en Allemagne. Wundt va alors étudier ce qui pour lui constitue la base de la psychologie, c'est à dire les processus mentaux. Le moyen qu'il va utiliser pour y accéder sera l'introspection. Ici les personnes ou chercheurs vont essayer de porter toute leur attention sur leurs sensations ou pensées, puis les rapportent de la façon la plus objective possibles. D'autres chercheurs américains notamment durant le XIXe se sont intéressés aux processus mentaux.
La psychologie cognitive s'est imposé en 1950 de façon officielle .
L'approche cognitive de la psychologie va ainsi s'intéresser principalement aux structures et processus mentaux comme la perception, la mémoire,
le raisonnement et la prise de décision ou le langage. Elle est née en même temps que l’ordinateur et l’intelligence artificielle.
Elle conçoit l’esprit humain comme un dispositif de traitement de l’information.
L'accent était désormais mis sur le traitement de l'information par le système nerveux, le rôle de la mémoire et la perception par exemple.
Afin de mieux cerner l'approche cognitiviste en psychologie je vais néanmoins revenir sur certains de ces grands objets d'étude. Je prendrais comme exemple les 3 principaux et je vais essayer de les développer de la manière la plus simple et succincte qui soit.
La perception
La perception c'est bien ce qui permet à l'organisme vivant d'être en contacte constant avec son environnement extérieur. C'est ce qui permet également à cette organisme d'obtenir des informations sur ce monde externe afin d'y répondre. La perception se fait grâce à nos organes d'essences. La vision, l'ouïe, l'odorat, le goût et le touché vont dans un premier temps contribuer à recueillir ces informations et à accéder à ce qui nous entoure. Dans un premier temps seulement, parce que la perception ne se résume pas à cela loin de là. Elle est également tout ce qui vient par la suite, et qui consiste à traiter et à intégrer cette information aux restes de nos connaissances. Les opérations qui suivent vont ainsi permettre de donner un sens final à ce qu'on a stocker comme information. Ce traitement de l'information va alors dépendre de plusieurs facteurs. Il sera alors diférent selon les individus. Parmi ces facteurs on pourra mentionner le contexte générale, la culture, l'apprentissage ou l'éducation de l'individu, son état physique ou mental par exemple fatigue, mauvaise ou bonne humeur etc.
Jean-luc Roulin résume bien cette notion de traitement que subit l'information.
« on entend par traitement des opérations de transformation de signaux reçus par structure, transformation ayant pour valeur fonctionnelle dans le processus global.
L'information renvoie au contenu, à la signification des messages. Dans le présent contexte , une information est un ensemble de signaux qui sont le support potentiel de connaissance, mais ces signaux peuvent être traités, manipulés par le système nerveux »
ainsi on peut comprendre pourquoi la psychologie cognitive fait de l'information et de son traitement sa principale mission.
La Mémoire
Rappelons que les organes d'essences permettent de collecter des informations (ou signaux) pour ensuite les intégrer. Ainsi ces premier signaux devront d'abord être enregistrés afin qu'il puisse être traités et utilisés. Pourtant la mémorisation est en soit déjà un traitement et donc une transformation des données ainsi enregistrées. Aujourd'hui une majorité de chercheurs s'accordent à dire que la mémoire se décompose en mémoire à court terme, MCT, et une à long terme MLT. Différentes expériences et chercheurs ont néanmoins appuyé cette première description de la mémoire.
La MCT stockerait les informations dans les premières seconde qui suivent, alors que la MLT elle, les stocke pour des périodes plus importantes.
Bien d'autres descriptions et modèles plus précis de la mémoires furent développés et celles-ci garce aux avancés technologiques et moyens qui permettent d'explorer et de tester les opérations de mémorisation chez des sujets. Sans oublier les avancées de la neurobiologie qui arrive à décrire de façon plus efficace et plus précise aujourd'hui le rôle et fonctionnement de certaines aires du cerveau et en particulier celles liées à l'opération de mémorisation. Les cas d'amnésie partielle, ou totale à la suite de certains traumatismes crâniens bien localisés ainsi que des maladies comme Alzheimer ont pu fournir des information sur les activités cérébrales liées à la mémoire .
La complexité à décrire ou à définir la mémoire sont dûes à la diversité de ces composantes, des nombreux modèles qui la décrivent ainsi que de la multitude de domaine qui la traitent ou l'étudient. Une définition unique et simplifiée sera toujours insuffisante ou incomplète.
J'ai alors décidé de porter mon choix sur la définition et description proposée par la dictionnaire de psychologie d'Oxford qui décrit la mémoire d'une façon relativement simplifiée tout en fournissant un descriptif assez synthétique:
Une fonction psychologique de préservation de l'information, impliquant les processus d'encodage, de stockage et de récupération
Les connaissances ici vont se distinguer selon:
-Les connaissances déclaratives, elles correspondent à ce "qu'on sait".
-Les connaissances procédurales qui décrivent les "comment faire".
-Les connaissances qui touchent aux gens et les différents objets.
Le langage
Le langage est ce qui permet à l'être humain de communiquer mais aussi d'exprimer et d'extérioriser ses différents états. Il permet de faire accéder les autres à ses intentions, ses besoins, ou ses pensées etc etc. Ce processus hautement sophistiqué chez l'homme fait appel alors à plusieurs autres facultés et fonctions, comme la mémoire par exemple. L'acquisition par le très jeune enfant ou l'apprentissage du langage parlé, puis écrit plus tard dénote toute la nécessité d'une certaine maturité aux niveaux des autres fonctions .
Toutes les thérapies utilisent le langage pour accéder aux demandes, aux souffrances, aux souvenirs ou aux dysfonctionnements éventuels de leurs patients.
Cette brève présentation de ces trois grands thèmes abordés par la psychologie cognitive nous permet ainsi de comprendre leurs intérêts pour la psychologie et leur étude privilégié par la psychologie cognitive. D'autres thèmes et fonctions sont elles aussi objet d'étude et d'investigation par cette discipline comme le raisonnement et la résolution de problèmes.
Ceci va nous amener à mieux cerner les conditions et les particularités de la thérapie cognitive.
La thérapie cognitive
Ainsi ce qui caractérise d'avantage ce genre de thérapie c'est bien l'intérêt pour le comportement ou pensée " représentation" produite au présent. Ces représentations mentales ou schémas sont ainsi propre à chacun de nous et s'expriment sous forme de comportement ou réaction quasi systématique dans certaines situations. Ces représentations peuvent aussi être assimilées à une sorte de croyance qui peuvent dans certains cas être défavorables pour la personnes. On admet néanmoins que ces croyances sont évidemment le fruit du vécu, de l'expérience de l'individu ainsi que de son éducation. Mais contrairement aux théories psychanalytiques par exemple la thérapie cognitive met l'accent d'avantage sur le présent et tout ce qui s'y rattache comme évènement, production ou comportement. Elle va s'appuyer sur le discoure du sujet qui va ainsi révéler au fur et à mesure ces schémas ou représentations mentales. Un autre point important ici, ce genre de thérapie s'intéresse et analyse les productions plutôt consciente. On s'abstient dans la mesure du possible de deviner ou d'extrapoler face a certaines paroles, des supposées contenus inconscients. Il n' y a pas ici de longue quête du secret enfuie dans les méandre de l'inconscient. De même qu'il y a pas d'office un supposé souvenir traumatisant refoulé dont il faut absolument faire remonter à la surface, afin que le patient se sente mieux ou agisse plus positivement. On comprendra alors mieux pourquoi ce genre de thérapie qui consiste en un échange actif entre le thérapeute et son patient ne nécessite pas des années de térapie ou de très nombreuses consultations. Le meilleur exemple reste le traitement de la dépression. Thérapie qui se concrétise par un résultat positif de l'état général du patient au bout de 20 séances en moyenne. Ce genre de thérapie vise précisément les pensées ou croyances négatives qui font suite à tout événement vécu par le patient. on va ainsi favoriser le développement des expériences de plaisir et source de satisfaction.
Si on résume, la thérapie cognitive consiste à agir sur les interprétations ou représentation négatives. Elle favorisera l'expression et l'augmentation de stratégie d'adaptation aux évènements négatifs et exploiter au mieux les situations et évènements positifs par exemple. Je rajouterai qu'une mise en avant et l'exploitation des valeurs et capacités positives propres à chacun peuvent être envisagées.
Bibliographie
Cottreau J.(2007).Thérapie cognitive et émotions.2007.Broché.
Roulin J-L.(2006). Psychologie cognitive. Editions Bréal.
Westen D.,Garitte C.2000. Psychologie: Pensée, cerveau et culture. Boeck université.
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